La vie de Winnie Mandela est tout simplement un tableau symbolique du courage et de la détermination qui est à la mesure des sacrifices qui ont débouché avec celui de nombreux militants et de nombreuses militantes de la cause contre l’apartheid sur une transformation tectonique de la société sud-africaine en particulier et sur l’Afrique en général. C’est dans cette perspective que j’invite tout particulièrement nos filles à prendre davantage conscience de la chance qu’elles représentent pour notre continent en général et pour le Congo en particulier. Et des opportunités que leur offrent l’école républicaine qu’elles doivent embrasser. Notre pays a fait des gros efforts et a obtenu de beaux progrès dans l’éducation des jeunes filles quand l’on considère que le Congo est l’un des rares pays en Afrique au Sud du Sahara à avoir atteint la parité entre les garçons et les jeunes filles dans le cycle primaire.

En outre, notre pays a clairement organisé, l’égalité d’accès à l’éducation et à l’emploi ainsi que l’interdiction des mariages forcés et précoces pour la jeune fille. Et les articles 1810 du Code Pénal et 1918 du Code de la Famille entre autres y sont consacrés. Il faut le dire et malgré l’arsenal juridique et règlementaire par ailleurs impressionnant qui existe et qui montre la détermination des autorités à garantir et à promouvoir la contribution de la femme au développement de notre pays et au progrès de notre société, il reste encore du travail à faire pour débarrasser notre société de certaines pesanteurs culturelles qui continuent d’affecter les femmes congolaises de façon générale.

Il faut reconnaitre que même si ces pesanteurs les freinent dans certains cas, elles ne les empêchent pas de se battre et de nombreux exemples de réussites personnelles et collectives existent et qu’il faudrait davantage reconnaître et magnifier. Ce que nous ne faisons pas assez et souvent.

Comme de nombreux de nos compatriotes, je considère pour ma part que l’éducation reste la clef de l’émancipation et de la réalisation de l’énorme potentiel de chacune et de toutes nos filles. Et quand je dis éducation, je parle de nos jeunes filles qui restent dans le système éducatif le plus longtemps possible et qui, pour l’essentiel terminent leur second cycle de l’enseignement secondaire ainsi que celles qui ne sortent pas du système scolaire à la fin ou avant la fin du premier cycle de l’enseignement secondaire. Quand je parle éducation, je vois la majorité de nos jeunes filles rejoindre l’enseignement supérieur ou rejoindre à la fin de leur second cycle des centres de formation technique et professionnelle pour apprendre des métiers et développer des compétences qui faciliteront leur insertion professionnelle ou les emmèneront à développer des initiatives privées soit individuellement, soit collectivement.

Cet engagement pour l’éducation de nos filles ne doit pas être seulement celui de leurs familles mais celui de l’ensemble de notre société en commençant par les hommes. Nous devons tous être les garants d’un tel engagement qui transformera notre société, notre pays et l’Afrique de manière irréversible pour le bonheur de tous et nous conduira à cette prospérité partagée que nous appelons de tous nos vœux. Pour que la vie de Winnie Mandela continue de tous nous inspirer pour toujours et d’inspirer la vie de nos filles ainsi que notre avenir commun.